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L’IFM ET LES FACONNIERS FRANÇAIS : UNE RELATION FORTE
Reportage dans l’Ouest de la France : Sarthe, Manche et Mayenne.
14 Avril 2010

Duncan Shaw (Designer IFM 2009), veste réalisée par Albéa, tissu Limonta SPA, ruban Shindo Textil, entoilage Freudenberg.
Titipon Chitsantisook (Designer IFM 2009), robe réalisée par Atelier Styl’Couture, tissu donation Georges Rech, broderie Michèle Lemaire.

En 2009, l’IFM a effectué une mission de conseil auprès de trois façonniers (Ducey Manche Création, Atelier Styl’Couture et Albea). L’Institut les a accompagnés dans leur stratégie marketing dans le cadre d’une mission définie par le Ministère de l’Industrie. Cette mission s’ajoute à la collaboration régulière et exclusive qui lie les étudiant créatifs de l’IFM et ces trois façonniers, parmi d’autres fabricants français qui détiennent le savoir-faire et la maîtrise technique liés à la « haute façon ».

Face à la fragilisation des sous-traitants de l’industrie française du prêt-à-porter de luxe, les pouvoirs publics souhaitent associer les grandes griffes au devenir de ces entreprises qui garantissent aux marques le label « made in France ». Après avoir réuni à Bercy les représentants des grandes maisons de luxe, le ministre chargé de l’industrie, Christian Estrosi, a encouragé les donneurs d’ordre et les sous-traitants à signer une charte de « bonnes pratiques ». La signature a eu lieu le 14 avril 2010 à l’IFM.


Duncan Shaw (Designer IFM 2009) et Béatrice Charbonnier (Albéa).

Le savoir-faire français permet aux groupes de luxe de vendre du « made in France », qui reste très important pour l’image du secteur auprès de la clientèle internationale. Ces ateliers assurent un degré de qualité et de technicité difficiles à surpasser, avec beaucoup de flexibilité et de réactivité par rapport aux désirs du client, sans oublier un contrôle qualité exhaustif du produit fini. « On fait 80% de notre travail pour le luxe. Les ouvrières ne savent pas travailler autrement. Elles ont « la main » pour des choses complexes. On est des artisans de l’industrie de luxe », explique Cécile Kosmalski. « Dans le luxe, le personnel doit aimer le métier, les exigences sont élevées, chaque détail est essentiel», ajoute Béatrice Charbonnier (Albéa), qui ajoute que « personne ne travaille ici par hasard, surtout les jeunes ». Toutes ces entreprises maîtrisent un savoir-faire unique en France et dans le monde. A titre d’exemple, chez Ducey Manche Création, les ouvrières savent réaliser à la perfection non seulement les incrustations de dentelle, mais aussi l’ourlet mouchoir, le jour échelle, le point jour, le point vous et moi, le point cocotte et autres raffinements peu connus des profanes.


Titipon Chitsantisook (Designer IFM 2009) et Cécile Kosmalski (Atelier Styl’Couture).

Un environnement lourd de contraintes n’empêche pas les façonniers d’être motivés et même passionnés par leur métier : « nous maintenons un savoir-faire français, c’est un combat enrichissant, un pur épanouissement. Nous allons sans cesse puiser des ressources inconnues, c’est excitant de passer son temps à trouver des solutions », explique Cécile Kosmalski. Depuis quelques années, les façonniers ont adapté leur organisation pour en finir avec le travail à la chaîne et atteindre un degré plus élevé de qualité grâce à plus de souplesse, de polyvalence et d’initiative aux groupes de travail composés des différents métiers (opératrices multiposte, opératrices qualité, brodeuses, matelasseuses, spécialistes de la coupe, monteuses/prototypistes, spécialistes de la teinture, surjeteuses, repasseuses, ouvrières du conditionnement, de l’inventaire, de la découpe de dentelle…).


Nienke A.L.Slotboom (Designer IFM 2009), robe réalisée par Ducey Manche Création, broderie Langlet.
Duncan Shaw (Designer IFM 2009), veste réalisée par Albéa, ruban Shindo Textil, thermocollant Freudenberg, zip YKK.


Les dirigeants de ces entreprises sont d’autant plus attachés à sauver leur outil de production qu’ils ont une connaissance précise de tous les échelons de la production : Annie Thévenin, Béatrice Charbonnier et Cécile Kosmalski passent le plus clair de leur temps au milieu des ouvrières, passant d’une table à l’autre pour discuter de tel ou tel point de détail. La légitimité incontestée de Béatrice Charbonnier (Albéa) vient du fait qu’elle a été chef d’atelier dans l’entreprise qu’elle dirige aujourd’hui. Même parcours pour Cécile Kosmalski qui, avant de reprendre Atelier Styl’Couture en 2007, avait commencé par apprendre les rudiments de la couture auprès d’une grand-mère qui avait été petite main chez Dior. Sa carrière l’a amenée à être responsable de groupe, agent de méthode, puis responsable d’atelier, et enfin associée de Béatrice Charbonnier chez Albéa (anciennement Valois), avant d'avoir l'opportunité de racheter Atelier Styl'Couture près de Laval. Annie Thévenin, confectionne ses 1er vêtements dès 9 ans, et, passionnée de broderie, couture,… enchaîne par des études d’ingénieure textile et la direction technique d’ateliers de tricotage et confection.


Nienke A.L.Slotboom (Designer IFM 2009), René-Claude et Annie Thévenin (Ducey Manche Création).


Reportage photographique chez Atelier Styl’Couture, Ducey Manche Création et Albéa.


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