
Victoire de Castellane, directrice artistique de Dior Joaillerie, est venue parler aux étudiants du programme de management de l'IFM mercredi 2 juin.
Elle était accompagnée de Philippe Scordia, directeur du développement et de la production de Dior Joaillerie, et de Jade Gunatilaka (IFM/Management 2009), qui vient de rejoindre les équipes de Dior Joaillerie.
Directrice artistique de Dior Joaillerie, Victoire de Castellane a créé cette activité chez Dior il y a 12 ans (en 1998), après avoir passé quelques années chez Chanel.
En présentant la rencontre, Hélène Kassimatis, professeur IFM en charge des enseignements liés à l'accessoire, a expliqué que dans le monde de la joaillerie, '"il y avait un avant et un après Victoire de Castellane".
Voici quelques extraits des propos de Victoire de Castellane entendus à l'occasion de cette rencontre :
La passion
-On ne s'ennuie pas avec soi-même si on va jusqu'au bout de sa passion.
-J’ai la passion des bijoux depuis toute petite. Ma grand-mère adorait les bijoux, que je croyais gros alors qu'ils ne l'étaient pas. D’où ma passion des gros bijoux.
-Je travaille encore comme si j'avais cinq ans.
-La solitude et l'ennui de l'enfance m'ont aidé à développer mon imagination.
-Quand j'étais petite, on m'a offert un bijou, c'était mon premier bijou, j'ai pris des pinces et je l'ai cassé pour le transformer, provoquant l'effroi de mes parents.
-Je dessine sur des post-it, puis des gouaches, puis en volumes avec l'atelier.
-Ma pierre préférée est l’opale. Je ne m’en lasse jamais, elle change toujours de couleur. Cette pierre n'était pas utilisée en joaillerie, je l’ai réintroduite, aujourd'hui elle est de nouveau à la mode.
-A 19 ans, j'ai collé des enveloppes chez Chanel, je ne savais pas ce que je voulais faire plus tard, je m’étais beaucoup ennuyée à l’école. J’ai eu la chance de rencontrer Karl Lagerfeld qui m'a repérée et demandé de rester .
L’inspiration
-Je suis inspirée par ma volonté d'un monde meilleur, l'univers de l'enfance, les comédies musicales, l'art, les gens que je croise dans la rue, et surtout l'univers féminin : toutes les femmes m'inspirent .
Raconter des histoires
-Ma première collection chez Dior, « La fiancée du vampire », date de 1998. Depuis, le thème des vanités (Memento Mori) et des têtes de morts a été repris partout.
-Je veux raconter des histoires avec mes bijoux. Je pars essentiellement des histoires. Parfois à l'inverse je monte une histoire autour d'une pierre .
La joaillerie
-La joaillerie c’est le vrai, le précieux, le rare. Un bijou de joaillerie reste toute une vie, contrairement à la bijouterie fantaisie.
-Je ne regarde pas systématiquement ce que fait la concurrence.
-On ne m'a pas pris au sérieux avec les grosses pierres de couleur, depuis tout le monde en fait.
-J'ai été la première à donner des noms à mes bijoux .
La joaillerie et la haute couture
-Un bijou, c'est long à fabriquer, jusqu'à deux ans et demie. Ce n’est pas le même rythme que la mode.
-Je ne travaille pas avec John Galliano en direct. Nous n'avons pas les mêmes rythmes de collection.
La création et le marketing
-Les choses qui marchent viennent du désir du créateur, pas du marketing.
-Il faut de l'audace pour peindre sur de l'or, par exemple. Et là, il faut savoir surmonter l'inquiétude du marketing.
L’artisanat
-Tout ce que je fais est fabriqué en France. "Sauvegarder le savoir-faire français, c'est important".
-Les artisans aiment se dépasser, ils aiment qu'on les pousse à inventer de nouvelles techniques, je leur demande des choses difficiles, parfois impossibles, et on finit toujours par trouver une solution.
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