
Dans les Echos du 7 août 2008, Olivier Assouly, directeur de la Recherche à l’Institut Français de la Mode, prend position contre l'inscription de la gastronomie française au registre du « patrimoine immatériel de l'humanité », un dossier sur lequel l'Unesco est en train de réfléchir à la demande du président Nicolas Sarkozy.
Le patrimoine immatériel regroupe des pratiques, des connaissances ou des savoir-faire reconnus par des groupes ou des communautés comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Tout comme la gastronomie, la mode s’inscrit dans le « patrimoine immatériel » de la France. Or, selon Olivier Assouly, il ne sert à rien de penser la gastronomie non plus que la mode en termes de « patrimoine » dans l'idée de « conserver une rente issue d'un monopole historique révolu ». Olivier Assouly plaide plutôt pour une réhabilitation de la gastronomie en tant que « pratique du goût ». Au lieu de « contempler avec nostalgie la cuisine française à travers ses archives, à l'instar des vestiges architecturaux de la cité de Petra », il faut donc « mener une politique permettant de sauvegarder la « souveraineté gustative » du citoyen-gourmet, en adoptant des instruments visant à « promouvoir à grande échelle des productions locales, qualitatives et des savoir-faire ».
La priorité est d'assurer l'avenir de la gastronomie « grâce à la transmission de compétences par le truchement de la famille, de l'école, de la restauration collective ou privée » (en introduisant par exemple la formation au goût dans les programmes scolaires). Un programme qui, selon lui, « épargnerait à ce patrimoine immatériel de s'achever en service de soins palliatifs pour la gastronomie française », alors que « l'industrialisation alimentaire a eu des effets destructeurs sur des traditions qui portaient jusqu'alors la gastronomie française ».
>> Lire l'article (Les Echos, 7 Août 2008)
|
|