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Wednesday, 13 June 2012
Véronique Nichanian (Hermes) parle aux étudiants de l'IFM.

Véronique Nichanian, directrice artistique et directrice générale de l'univers masculin chez Hermès, était invitée mardi 28 juin au Centre Pompidou par l'IFM, l'ENSAD et l'Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne. La conférence de Véronique Nichanian inaugurait un nouveau cycle de rencontres avec de grands créateurs destiné aux étudiants de l'IFM (managers et créatifs), de l'ENSAD et de l'Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne. Près de 400 étudiants des trois écoles étaient réunis dans la grande salle du niveau -1 du Centre Pompidou pour l'écouter et dialoguer avec elle. Les débats étaient animés par Marc Voinchet (France Culture) et Stéphane Wargnier (Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne). La conférence a été introduite par Didier Grumbach, président de la Fédération de la Couture, du prêt-à-porter des Couturiers et des Créateurs de mode.

Véronique Nichanian a raconté ses débuts comme adjointe de Nino Cerruti, après ses études à l'Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture. Les quelques années passées aux côtés de Cerruti furent marquées par l'approfondissement de son goût du détail, de la perfection, et de certaines influences asiatiques (parmi ses missions, elle partit s'occuper des licences Cerruti au Japon).

Véronique Nichanian n'était guère connue du grand public quand Jean-Louis Dumas, président d'Hermès, l'appella en 1988 pour lui proposer de prendre en charge l'univers masculin, dont il lui confia les clés avec une large autonomie (« faites comme si c'était votre petite entreprise »).

Depuis lors, elle explore la notion de « vêtement juste », non ostentatoire, à l'opposé d'un quelconque « total look ». Et elle développe un style « chic décontracté » ou « négligé sophistiqué » avec une entière liberté et une petite équipe de six personnes dont Sophie Seibel (IFM/Management 1989). « La mode est un métier de précision, mais c'est aussi un métier de plaisir, où on s'amuse ! », dit-elle en écho à la formule de Jean-Louis Dumas sur la « fantaisie rigoureuse » d'Hermès.

Extraits :

« D'année en année, je ne me demande plus si je fais du Hermès ou du Véronique Nichanian, les choses se font simplement ».« Je ne fais pas de la mode, je fais des vêtements (comme je ferais des objets) ».

« Je privilégie la matière, le détail égoïste qui ne se voit pas à l'extérieur (par exemple un fond de poche en agneau, que seul remarquera l'homme qui porte le vêtement) ».

« J'habille un homme aujourd'hui : je ne passe pas mon temps à regarder les archives d'Hermès ».

« On ne crée pour les autres que des points de départ (Simone de Beauvoir) ».

« J'aime les vêtements -comme les amitiés- qui durent, qui se réparent... ».

« Je vais dans tous les salons de tissus comme j'entrerais dans des pâtisseries ».

« Les modèles qui défilent sont vendus. Je ne fais pas de deuxième ligne, nous ne délivrons pas de licences Hermès Homme. La collection s'adresse au monde entier ».

« Galuchat, vison rasé, croco, papier, lin, lycra... Je teste toutes les matières sauf l'autruche et l'astrakan. Hermès est une maison de matières ».

« Il n'y a pas de marketing chez Hermès ».

« Je suis à la fois DA et DG de l'univers masculin, donc je n'ai pas de conflits, je suis d'accord avec moi-même ! ».

« Elle est terminée, l'époque où on pouvait créer sans se soucier de vendre. Le succès commercial est une caution que je recherche. Un vêtement est fait pour être porté. C'est plus important que le succès d'une collection dans la presse ».

« L'attitude des hommes a beaucoup changé. Ils savent ce qu'ils veulent, apprennent à se faire plaisir ».

« Ce qui a le plus changé en mode masculine : le poids des vêtements. Il y a encore quelques années, les vêtements masculins étaient très lourds ».

« Le vêtement est votre compagnon, il contribue à construire votre personnalité, de la même façon que l'architecture et l'urbanisme ».

« On demande encore trop souvent pourquoi une femme fait de la mode masculine. Jamais l'inverse hélas ».

« La mode masculine française est une mode de liberté, elle est sans doute moins codifiée que la mode masculine anglaise ou italienne ».

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