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Notre Chanel - Lebrun
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Mardi 21 octobre 2014
Jean Lebrun
Gabrielle Chanel vue par Jean Lebrun

Jean Lebrun, historien et journaliste (France Inter après des années à France Culture) présente Notre Chanel (Bleu Autour, 2014) dans le cadre du cycle des conférences publiques de l'IFM. Il s'agit d'une enquête qu'il avait commencée avec Bernard Costa, son compagnon décédé en 1990. Ce livre, dont un des messages est qu'"un style de vie fait une vie", a reçu le prix Goncourt de la biographie 2014.

Jean Lebrun explique qu'il n'a pas voulu ajouter un nouveau livre à l'imposante bibliographie autour de Gabrielle Chanel (au total 86 livres, avec celui-ci). Gabrielle Chanel a laissé "un feu d'artifices d'anecdotes", ayant tenté de "dicter sa vie à plusieurs auteurs" comme Paul Morand ou Louise de Vilmorin, mais elle a laissé très peu d'archives, d'où le caractère complexe d'une enquête sur elle.

Il s'est agi plutôt, explique Jean Lebrun, de "tisser un fil de biais dans l'histoire de Chanel et dans l'histoire de deux enquêteurs en train de chercher ses traces", s'intéressant à plusieurs aspects méconnus de sa vie, à des moments révélateurs, des lieux ou des singularités peu connues : ses relations avec la demi-mondaine Liane de Pougy (ancienne égérie de la Belle Epoque), avec le poète Pierre Reverdy ("le plus proche de ses amis"), avec le cinéaste Robert Bresson, avec son amant Etienne Balsan, son bras droit Georges Madoux, son neveu André Palasse, mais aussi avec des lieux "chanéliens" comme le château de Corbère-Abères (Béarn), ou encore l'asile de Saint-Martin-le Vinoux en Isère où Liane de Pougy a fini sa vie...

Plutôt que de parler de "Coco" Chanel, Jean Lebrun choisit de s'intéresser à Gabrielle Chanel comme à une "Grande Mademoiselle" au  tempérament de mère supérieure, ayant eu un caractère quasiment "cistercien" : "le 31 rue Cambon possédait une hiérarchie et des codes de discrétion comparables à ceux d'un monastère". Jean Lebrun découvre en Chanel "un soleil noir irradiant sans croire, une chrétienne qui n'aurait ni charité ni fraternité".

La question de la temporalité dans la mode : l'exemple ...
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Mardi 18 Mai
Vincent Chenille
La question de la temporalité dans la mode : l'exemple des coiffures

Combien de temps dure une mode ? Peut-on assimiler sa temporalité à celle des collections semi-annuelles, printemps-été, automne-hiver ? Et comme toute durée chronologique suppose un point de départ, la question du point d'origine est incluse dans la problématique de la temporalité de la mode. Pour tenter de répondre à ces questions, Vincent Chenille propose de mettre en œuvre une méthode historique. Cependant le champ historique n'accordant d'importance aux objets que par leur inscription dans une longue durée, la mode, célèbre pour son caractère éphémère, ne sera pas examinée d'un strict point de vue de succession chronologique, mais étudiée comme un phénomène global qui dure depuis plusieurs siècles. C'est à partir de l'exemple de la coiffure – celle-ci étant extrêmement utile pour la datation des documents en archéologie – que sera menée cette réflexion historique.

Vincent Chenille est chercheur associé au Centre de recherche historique des sociétés contemporaines (université de Versailles Saint-Quentin). Il est l'auteur de « La norme et le mouvement, la mode dans la coiffure des Français de 1846 à 1987 », thèse d'histoire soutenue en 1992. Spécialiste de l'histoire des représentations, outre son travail sur la mode, Vincent Chenille s'est intéressé aux représentations collectives à partir de sources cinématographiques et télévisuelles, aussi bien celles concernant l'alimentation que le politique, et en se penchant en particulier sur la série cinématographique des James Bond, objet d'un colloque à son initiative à la Bibliothèque nationale de France.

Natacha Coquery
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mardi 14 janvier
Natacha Coquery
Mode, luxe, innovation : la boutique parisienne au XVIIIe siècle

C'est de sa vitalité commerçante au XVIIIe siècle que Paris tire sa renommée de capitale de la mode. Le rayonnement de Paris a bénéficié du poids grandissant de l'industrie et de l'artisanat de luxe dans le contexte d'un vigoureux essor de la culture de consommation.

La capacité des boutiquiers à inventer un marché qualifié de demi-luxe, parce qu'il a gardé l'apparence du luxe et qu'il s'ouvre par ses prix à une clientèle élargie, est capitale dans cette dynamique. Au XVIIIe siècle se crée à Paris un code du commerce et de l'échange où les habitudes anciennes, le troc et le crédit, coexistent avec le changement des modes de consommation et la naissance de nouveaux besoins. A la fin du siècle, Paris est célébré comme ville de "shopping" dans les guides de voyage. Les boutiquiers se font connaître par tous les moyens, en particulier les almanachs de commerce. A partir des livres de comptes qui révèlent les pratiques professionnel (d'un bijoutier ou d'un tapissier, par exemple), se manifeste le rôle des boutiquiers dans la diffusion des objets et des modes.

Professeur en histoire moderne à l'université de Lyon 2, Natacha Coquery est spécialiste de la consommation, du crédit et du commerce de détail à Paris au XVIIIe siècle. Ses recherches actuelles portent sur le marché du luxe sous la Révolution française. Parmi ses derniers ouvrages, on compte Se vêtir à la cour en Europe (1400-1815), (Paris, Centre de recherche du château de Versailles/Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2011), et Tenir boutique à Paris au XVIIIe siècle. Luxe et demi-luxe (Paris, éditions du Comité historique et scientifique, 2011).

Paris, capitale de mode
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mardi 10 décembre
Paris, capitale de mode

Qu'est-ce qu'une capitale de mode ? L'exemple de Paris montre que cette appellation recouvre deux réalités indissociables : la création et la commercialisation. La spécificité de la mode parisienne est qu'elle s'est développée à l'aide de réseaux structurés dès le début du XXème siècle. Si elle a réussi à maintenir son attractivité avec le temps, c'est qu'elle a su transformer une domination statutaire en parvenant à toujours rester en phase avec les évolutions de la société.

A Paris, où la Fédération de la Couture a toujours joué un rôle de premier plan, la menace de désinstitutionnalisation dans les années 1970 a été surmontée au moyen de l'intégration de jeunes créateurs français et étrangers au calendrier des défilés. La création de plusieurs catégories (prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode, membres correspondants pour les étrangers et membres invités pour les jeunes créateurs) a permis de couvrir une grande partie des champs d'expression de la mode contemporaine.

David Zajtmann est professeur à l'IFM. Il est diplômé de Sciences-Po Paris, ancien élève du programme de management de l'IFM, titulaire d'un DEA d'économie industrielle à l'université Paris-Dauphine et est actuellement doctorant en sciences de gestion à l'IAE de Paris Université Paris 1 Sorbonne. Ses travaux portent sur les questions de légitimité, de statut et de méta-organisation.

Sous-titre de la conférence : "L'économie de la mode : statut, légitimité et institutions".

Les grands désirs de mode dans l'histoire
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Mardi 14 mai 2013
Claude Fauque
Les grands désirs de mode dans l'histoire

A travers l’histoire européenne des textiles, se dessinent très clairement de grandes orientations de goût, dictées non seulement par les besoins, mais surtout par les envies des utilisateurs, clients et déjà consommateurs. Chacun de ces « désirs de mode » crée une filière nouvelle, des métiers et de vastes circuits économiques. Claude Fauque évoque notamment la demande pour les draps d’or, les soieries et les satins orientaux qui s’est exprimée en Occident après les croisades, ou bien encore du « désir de bleu » à partir du XIIe siècle, de la mode des toiles légères et teintes après l’arrivée massive des « indiennes » au XVIIe siècle, ou encore du « désir de blanc » au XIXe siècle.

Après un parcours professionnel journalistique (quotidiens, magazines féminins et presse professionnelle textile), Claude Fauque s'est engagée dans des travaux de recherche à la faveur de plusieurs publications. Ses domaines de prédilection tournent autour du patrimoine, du textile et de son histoire. Elle a publié entre autres Costumes de scène (préface de Christian Lacroix) à partir des collections du Centre national du costume de scène de Moulins (La Martinière, 2011). Elle vient de publier Les mots du textile (Belin, 2013). Elle est aussi chargée d’enseignement, notamment à l’IFM. A paraître en octobre aux éditions IFM/Regard : un livre de sur l'histoire du textile (désirs, métiers, technologie...).

 

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