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Sophie Kurkdjian
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Mardi 03 jfévrier 2015
Sophie Kurkdjian
une histoire de la presse féminine des années 1910 à 1940

Reflets de l’évolution des modes et « lieux essentiels de la construction des identités sociales et culturelles », les journaux de mode connaissent un développement à la fois quantitatif et qualitatif durant la première moitié du XXe siècle. À travers le cas des publications lancées par les deux éditeurs parisiens, Lucien Vogel et Michel de Brunhoff – La Gazette du bon ton (1912), Le Style parisien (1915), Les Élégances parisiennes (1916), Vogue français (1920), et Jardin des modes (1920), cette intervention étudiera l’évolution des formats (illustration, mise en page) et des contenus (représentations des modes, du corps, des femmes) de ces journaux, en insistant aussi sur le rôle joué par leurs journalistes, dessinateurs et photographes dans l’histoire de la mode et l’histoire de la presse féminine de la première moitié du XXe siècle.

Sophie Kurkdjian est docteur en histoire de l’université Paris I et chercheur associée à l’IHTP-CNRS. Sa thèse Lucien Vogel et Michel de Brunhoff, parcours de deux éditeurs de presse illustrée au XXe siècle a été publiée en décembre 2014 (Paris, Institut Universitaire Varenne). Elle travaille sur l’histoire de la presse féminine, les acteurs de la presse (éditeurs, journalistes, dessinateurs et photographes), ainsi que sur les transferts culturels en matière de presse entre la France, l’Allemagne et les États-Unis au XIXe et XXe siècle.


Autour de la question du corset
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Mardi 13 janvier 2015
Marc Donnadieu
Autour de la question du corset

Le corset ne se résume pas à l'image que nous en avons aujourd'hui et qui provient directement de son usage au cours du XIXe siècle : celle d'un dessous affinant la taille des femmes essentiellement. En fait, le corset, présent dès l'Antiquité, vers 1700 avant J.-C., est un vêtement tantôt masculin tantôt féminin. À l'instar d'un crayon et d'une gomme vestimentaire, il souligne ou reproportionne, affine ou gonfle, magnifie ou sublime ainsi les formes et les courbes vestimentaires comme corporelles selon les époques, mais surtout affirme un maintien, une droiture et une rigidité de la silhouette des femmes mais aussi des hommes (redingote, gilet du costume 3 pièces, veste des officiers militaires...). Il s'affirme comme inséparable d'une histoire de la beauté et du goût mais aussi des conventions sociales au prix de variations et de réaménagements encore à l'ordre du jour.

Marc Donnadieu est, depuis septembre 2010, conservateur pour l'art contemporain au LaM (Lille Métropole musée d'Art moderne). Depuis le milieu des années 80, il exerce une activité de critique d'art sous le nom de Charles-Arthur Boyer. Il a été rédacteur pour la revue d'art contemporain Art Press de 1994 à 2011, et a également participé à plusieurs dizaines de catalogues et d'ouvrages monographiques dans les domaines de l'art, de la photographie, de l'architecture, du design ou de la mode contemporaine.

Notre Chanel - Lebrun
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Mardi 21 octobre 2014
Jean Lebrun
Gabrielle Chanel vue par Jean Lebrun

Jean Lebrun, historien et journaliste (France Inter après des années à France Culture) présente Notre Chanel (Bleu Autour, 2014) dans le cadre du cycle des conférences publiques de l'IFM. Il s'agit d'une enquête qu'il avait commencée avec Bernard Costa, son compagnon décédé en 1990. Ce livre, dont un des messages est qu'"un style de vie fait une vie", a reçu le prix Goncourt de la biographie 2014.

Jean Lebrun explique qu'il n'a pas voulu ajouter un nouveau livre à l'imposante bibliographie autour de Gabrielle Chanel (au total 86 livres, avec celui-ci). Gabrielle Chanel a laissé "un feu d'artifices d'anecdotes", ayant tenté de "dicter sa vie à plusieurs auteurs" comme Paul Morand ou Louise de Vilmorin, mais elle a laissé très peu d'archives, d'où le caractère complexe d'une enquête sur elle.

Il s'est agi plutôt, explique Jean Lebrun, de "tisser un fil de biais dans l'histoire de Chanel et dans l'histoire de deux enquêteurs en train de chercher ses traces", s'intéressant à plusieurs aspects méconnus de sa vie, à des moments révélateurs, des lieux ou des singularités peu connues : ses relations avec la demi-mondaine Liane de Pougy (ancienne égérie de la Belle Epoque), avec le poète Pierre Reverdy ("le plus proche de ses amis"), avec le cinéaste Robert Bresson, avec son amant Etienne Balsan, son bras droit Georges Madoux, son neveu André Palasse, mais aussi avec des lieux "chanéliens" comme le château de Corbère-Abères (Béarn), ou encore l'asile de Saint-Martin-le Vinoux en Isère où Liane de Pougy a fini sa vie...

Plutôt que de parler de "Coco" Chanel, Jean Lebrun choisit de s'intéresser à Gabrielle Chanel comme à une "Grande Mademoiselle" au  tempérament de mère supérieure, ayant eu un caractère quasiment "cistercien" : "le 31 rue Cambon possédait une hiérarchie et des codes de discrétion comparables à ceux d'un monastère". Jean Lebrun découvre en Chanel "un soleil noir irradiant sans croire, une chrétienne qui n'aurait ni charité ni fraternité".

La question de la temporalité dans la mode : l'exemple ...
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Mardi 18 Mai
Vincent Chenille
La question de la temporalité dans la mode : l'exemple des coiffures

Combien de temps dure une mode ? Peut-on assimiler sa temporalité à celle des collections semi-annuelles, printemps-été, automne-hiver ? Et comme toute durée chronologique suppose un point de départ, la question du point d'origine est incluse dans la problématique de la temporalité de la mode. Pour tenter de répondre à ces questions, Vincent Chenille propose de mettre en œuvre une méthode historique. Cependant le champ historique n'accordant d'importance aux objets que par leur inscription dans une longue durée, la mode, célèbre pour son caractère éphémère, ne sera pas examinée d'un strict point de vue de succession chronologique, mais étudiée comme un phénomène global qui dure depuis plusieurs siècles. C'est à partir de l'exemple de la coiffure – celle-ci étant extrêmement utile pour la datation des documents en archéologie – que sera menée cette réflexion historique.

Vincent Chenille est chercheur associé au Centre de recherche historique des sociétés contemporaines (université de Versailles Saint-Quentin). Il est l'auteur de « La norme et le mouvement, la mode dans la coiffure des Français de 1846 à 1987 », thèse d'histoire soutenue en 1992. Spécialiste de l'histoire des représentations, outre son travail sur la mode, Vincent Chenille s'est intéressé aux représentations collectives à partir de sources cinématographiques et télévisuelles, aussi bien celles concernant l'alimentation que le politique, et en se penchant en particulier sur la série cinématographique des James Bond, objet d'un colloque à son initiative à la Bibliothèque nationale de France.

Natacha Coquery
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mardi 14 janvier
Natacha Coquery
Mode, luxe, innovation : la boutique parisienne au XVIIIe siècle

C'est de sa vitalité commerçante au XVIIIe siècle que Paris tire sa renommée de capitale de la mode. Le rayonnement de Paris a bénéficié du poids grandissant de l'industrie et de l'artisanat de luxe dans le contexte d'un vigoureux essor de la culture de consommation.

La capacité des boutiquiers à inventer un marché qualifié de demi-luxe, parce qu'il a gardé l'apparence du luxe et qu'il s'ouvre par ses prix à une clientèle élargie, est capitale dans cette dynamique. Au XVIIIe siècle se crée à Paris un code du commerce et de l'échange où les habitudes anciennes, le troc et le crédit, coexistent avec le changement des modes de consommation et la naissance de nouveaux besoins. A la fin du siècle, Paris est célébré comme ville de "shopping" dans les guides de voyage. Les boutiquiers se font connaître par tous les moyens, en particulier les almanachs de commerce. A partir des livres de comptes qui révèlent les pratiques professionnel (d'un bijoutier ou d'un tapissier, par exemple), se manifeste le rôle des boutiquiers dans la diffusion des objets et des modes.

Professeur en histoire moderne à l'université de Lyon 2, Natacha Coquery est spécialiste de la consommation, du crédit et du commerce de détail à Paris au XVIIIe siècle. Ses recherches actuelles portent sur le marché du luxe sous la Révolution française. Parmi ses derniers ouvrages, on compte Se vêtir à la cour en Europe (1400-1815), (Paris, Centre de recherche du château de Versailles/Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 2011), et Tenir boutique à Paris au XVIIIe siècle. Luxe et demi-luxe (Paris, éditions du Comité historique et scientifique, 2011).

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