Podcasts
Marc de Ferrière le Vayer
1ère partie

00:00
2ème partie

00:00
3ème partie

00:00
05 février 2013
Marc de Ferrière le Vayer
Le rôle des métiers d’art dans le luxe

Le rôle des métiers d’art dans le luxe, conférence de Marc de Ferrière le Vayer, Professeur des Universités à l'Université François-Rabelais de Tours et président de l'IEHCA (Institut Européen d'Histoire et des Cultures de l'Alimentation).

Un métier d'art ne peut survivre en refusant la technique, et les métiers d'art qui ont survécu sont ceux qui ont accepté de jouer le jeu de l’innovation. D’où le caractère paradoxal d’une époque où on présente souvent les métiers d’art comme un « patrimoine à préserver ».

La mise en valeur des métiers d’art dans le luxe ne résout pas une série de paradoxes. Le luxe n'a pas le monopole de la qualité, non plus que celui du beau : un bon charpentier de marine n'est pas dans le luxe et pourtant il réalise un travail exceptionnel et unique. Les machines à papier ne font pas toutes le même papier : où est la « main » dans ce cas ?

Au XIXe siècle, la rareté n'était pas synonyme de valeur. Le travail de la main n’a commencé à être valorisé qu’à partir du milieu du XXe siècle, avec le goût pour la « pièce unique ». Aujourd’hui, la légitimité d'une entreprise de luxe repose sur son âge et sur sa valorisation des métiers de la main, comme si la partie technique et industrielle était passée au second plan. Selon Marc de Ferrière le Vayer, on peut produire de façon industrielle sans toucher à la qualité et continuer à « industrialiser les gestes » comme on le fait depuis le début du XIXe.

Florence Brachet
1ère partie

00:00
2ème partie

00:00
3ème partie

00:00
20 novembre 2012
Florence Brachet
Une histoire du grand magasin : le cas des Galeries Lafayette

L'histoire des grands magasins a le plus souvent été associée à des visions relativement schématiques. Une première tendance consiste à opposer l'archaïsme de la petite boutique à la modernité du grand magasin. Cette conception est battue en brèche par l'histoire qui montre que les principales innovations de la révolution commerciale ont été mises en place par les magasins de nouveautés dans la première moitié du XIXe siècle. De même, il est courant d'associer à tort les grands magasins au Second Empire. Dans cette chronologie classique, en naissant en 1894, les Galeries Lafayette font figure d'exception. Comment expliquer leur réussite fulgurante sinon par ses liens étroits avec la mode ? Ecrire l'histoire de Galeries Lafayette c'est aussi revisiter les relations entre les acteurs du système de la mode, et notamment entre les grands magasins et la couture.

Florence Brachet Champsaur a créé le département « Patrimoine & archives historiques » du groupe Galeries Lafayette, dont elle est également responsable du mécénat. Chercheur en histoire des entreprises et en histoire de la mode (EHESS, IHTP-CNRS), elle a publié plusieurs articles dont « De l'odalisque de Poiret à la femme nouvelle de Chanel : une victoire de la femme ? » (in 1914-1918 Combats de femmes, Editions Autrement, 2004) et « Un grand magasin à la pointe de la mode : les Galeries Lafayette » (in La mode des sixties. L'entrée dans la modernité, Editions Autrement, 2007).


 

Kaya Tsujita
1ère partie

00:00
2ème partie

00:00
3ème partie

00:00
11 juillet 2012
Kaya Tsujita
L’invention de la mode japonaise à Paris

L'irruption sur la scène parisienne des créateurs japonais, à partir de la fin des années 1960, a durablement bouleversé le paysage de la mode, avec plusieurs générations successives de créateurs et de marques depuis le milieu des années 1960. Afin de se développer, mais sans toutefois disposer de la notoriété prestigieuse des couturiers parisiens ni de la puissance commerciale des grandes entreprises de l'industrie textile, chaque marque s'est imposée en adoptant une stratégie incarnant la conviction du créateur : pas de grossistes, réseau d'amateurs passionnés, image de la marque contrôlée jusqu'au moindre détail... Ces méthodes ont fait école partout dans le monde. Mais les jeunes créateurs de mode japonais d'aujourd'hui n'ont ni l'intérêt ni la formation pour la haute couture et viennent moins à Paris qu'il y a deux ou trois décennies. « Les créateurs japonais comme Kenzo Takada et Issey Miyake imitaient la mode occidentale avant de venir à Paris. Ils ont commencé à s'inspirer du Japon une fois qu'ils sont arrivés en France au milieu années 1960 », explique Kaya Tsujita, docteur en histoire et chercheur à l'EHESS, dans cette conférence sur « l'invention de la mode japonaise à Paris ».

Docteur en Histoire de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, Kaya Tsujita travaille comme consultante dans le domaine de la mode, du luxe, du textile et de la consommation. Elle a notamment publié des articles dont « L'avènement de la mode et la naissance de la mode japonaise » (in Esthétiques du quotidien au Japon, Institut Français de la Mode/Regard, 2010) et « Copier, imiter et inspirer : Les années françaises au Japon » (in La mode des sixties. L'entrée dans la modernité, Editions Autrement, 2007).

36, Quai d'Austerlitz - 75013 Paris - France — T. +33 (0)1 70 38 89 89 — F. + 33 (0)1 70 38 89 00 — ifm@ifm-paris.com — Plan d'accès

Conférence des grandes écoles